Valcourt, comme plus de 200 municipalités à travers le pays, fait partie des villes développées avec comme motivation la quête des ressources naturelles. L’exposition « Territoires d’identité : les villes de compagnie au Canada », inaugurée la semaine dernière au Musée de l’ingéniosité J. Armand Bombardier de Valcourt, propose plusieurs pages d’histoire fort fascinantes.
Cette exposition, qui sera en place durant un an, a été à l’origine mise sur pied par la Société d’histoire du Lac-Saint-Jean et son musée, l’Odyssée des Bâtisseurs. La Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain a collaboré au projet.
L’équipe du Musée a par la suite intégré une section fort bien documentée sur l’essor de Valcourt.
« Une ville de compagnie, c’est en fait une ville mono-industrielle développée soit à partir de zéro ou, comme ce fut le cas de Valcourt, on part d’un petit village avec une grande entreprise », résume Antoine Laprade, responsable des expositions.
Ces villes ont donc été érigées à partir d’usines, de manufactures, de barrages et de champs pétrolifères. En plus de Valcourt, de nombreuses villes québécoises, dont Arvida et Thetford Mines, ont suivi ce modèle.
Parfois qualifiées de « paternalistes », les villes de compagnie favorisent avec le temps le sentiment d’appartenance et une identité unique.
« En développant une ville, ces entreprises doivent absolument tout développer. Des résidences et des dortoirs, ce n’est pas suffisant pour attirer les gens qui viennent travailler sur place. L’ajout d’infrastructures, comme par exemple une piscine, un aréna ou un centre communautaire, ainsi que certains services, sont nécessaires », explique M. Laprade.
Un volet sur Valcourt
Joseph-Armand Bombardier, fondateur de Bombardier et concepteur de la motoneige moderne, avait à cœur d’offrir aux employés de bonnes conditions de vie. Il souhaitait notamment faciliter leur accès à la propriété.
« Pour mieux soutenir ses travailleurs et la communauté, il leur propose également des prêts hypothécaires avantageux, leur permettant d’acquérir une maison à des conditions adaptées à leur situation. Cette initiative témoigne de sa volonté de créer un milieu de vie stable et de favoriser l’établissement durable des familles dans la région », peut-on lire sur un des présentoirs de l’exposition.
On peut par ailleurs apprendre plusieurs anecdotes fort intéressantes, dont celle sur l’acquisition d’une partie du village de Kingsbury par Bombardier, en 1946.
« Son objectif est alors d’offrir des solutions de logement aux employés du centre de recherche qu’il venait tout juste de faire construire », explique-t-on sur place.
Les projets de développement de Valcourt par l’entreprise connue sous le nom de BRP n’ont toutefois pas atteint les sommets anticipés.
« Valcourt devient officiellement une ville en 1974. Par la suite, les efforts de développement cessent peu à peu. On sent un ralentissement du nombre de gens qui viennent s’y installer. Plusieurs emplois chez Bombardier étaient alors saisonniers », relate M. Laprade.
Le responsable des expositions est très fier du résultat final, alors que de nombreux artéfacts, articles de journaux, cartes interactives, photographies et témoignages viennent bonifier cette exposition.
« On s’est gâtés quand même un peu. Nous avons utilisé beaucoup d’archives qui n’avaient pas la chance d’être dévoilées si ce n’était pas maintenant. Et on retrouve beaucoup de plans sur ce que devait devenir la Ville de Valcourt », conclut M. Laprade.
Pour en savoir davantage : www.museebombardier.com.















